Une équipe de développement avec 35 victoires? Ce n'est pas un hasard. Les performances de nos jeunes talents sont non seulement dues à leurs bonnes jambes, mais aussi au résultat de plusieurs années de recrutement, d’observation et de suivi des catégories de jeunes. Et chez Lotto Dstny, les regards se tournent naturellement vers Kurt Van de Wouwer (53 ans). Van de Wouwer a été coureur professionnel pendant huit ans chez Lotto. Après avoir raccroché son vélo fin 2006 et travaillé quelques années pour une équipe espoirs, il a réintégré Lotto en 2011, cette fois comme directeur sportif.
Depuis deux ans, il porte aussi le titre de directeur sportif, responsable du recrutement mais également de la composition des trois équipes de Lotto Dstny. «Et de l'élaboration des programmes de course», précise Van de Wouwer. «Qui court où, qui fait partie de l'équipe. En d'autres termes, s'assurer que le puzzle s'emboîte.»
Le développement des jeunes est l'un des fleurons de Lotto Dstny. La saison passée, l’équipe de développement a cumulé pas moins de 35 victoires. Avec Jarno Widar, elle a fourni le tout premier vainqueur belge du Giro Next Gen, et avec Steffen De Schuyteneer, un coureur espoir a remporté une victoire en Chine parmi les professionnels. Au cours des dernières années, de nombreux talents de moins de 23 ans ont également fait le saut vers le peloton professionnel. «Recruter des coureurs dépend évidemment du budget. Tout le monde sait qui sont les meilleurs, on pourrait bien sûr les acheter directement, mais notre budget ne le permet pas. Nous devons donc chercher ailleurs. Repérer des talents dans le grand vivier des jeunes coureurs, cela ne s’improvise pas », explique Kurt Van de Wouwer. « Il faut bien connaître le monde des jeunes coureurs. C'est seulement à cette condition qu'on a un coup d'avance. Cela fait des années que je suis impliqué. J’assiste à des courses pour jeunes – même si je manque souvent de temps désormais –, mais j'ai aussi mes sources et j’ai construit un grand réseau au fil des ans.»
«Un bon coureur a besoin de l'ensemble du tableau. Les résultats, bien sûr, mais aussi sa façon de courir. Son état d'esprit. Nous regardons aussi des paramètres physiques. Tout doit être en place, et ensuite, il faut encore éviter les pièges en cours de route. Les jeunes qui deviennent pros tôt et gagnent beaucoup d'argent… il est difficile de ne pas prendre la grosse tête. Au cours des 17 dernières années, ça ne s'est pas simplifié. Les jeunes sont sous les projecteurs de plus en plus tôt. Ils sont plus mûrs dès le plus jeune âge, et jusqu'à un certain point, cela se passe bien. Mais il y a un risque que tout devienne trop professionnel trop tôt, au détriment du plaisir. La durée de leur carrière est plus courte.»
Van de Wouwer fait son travail avec passion. Depuis des années. «Le plus beau ? C'est de voir les coureurs que l'on connaît depuis leur jeunesse éclore. Voir des jeunes hommes ou femmes que vous avez recrutés trouver leur place parmi les meilleurs. Ils ne sont pas nombreux, je suis très réaliste. Sur les quelque cent pros, dix partent chaque année et seulement dix nouveaux arrivent. Mais voir que notre équipe est composée à 95 % de coureurs issus de notre filière jeunesse… cela procure énormément de satisfaction.»
Photo: Brecht Steenhouwer