Algemeen Lotto-Intermarché et l’UGent explorent les limites de l’apport en glucides

Dans le cyclisme moderne, l’alimentation occupe une place de plus en plus importante, les glucides jouant un rôle essentiel. Alors qu’il y a vingt ans, les coureurs consommaient généralement environ 60 grammes de glucides par heure, la recommandation standard actuelle est de 120 grammes. Mais peut-on aller encore plus loin ? Et cette limite est-elle la même pour tous les coureurs ? Grâce à un nouveau test en laboratoire, réalisé dans le cadre de la collaboration scientifique structurelle entre Lotto-Intermarché et l’UGent, les deux partenaires tentent de trouver des réponses à ces questions.
Général 22 octobre 2026

Le test doit avant tout déterminer si certains coureurs sont capables d’assimiler plus de 120 grammes de glucides par heure. Cette quantité constitue aujourd’hui la référence, mais les recherches scientifiques sur lesquelles elle repose ont encore rarement été menées auprès de cyclistes d’élite. « Nos coureurs constituent un groupe particulier, car ils sont habitués à consommer de grandes quantités de glucides pendant leurs entraînements. Nous pensons que certains d’entre eux peuvent ainsi dépasser les 120 grammes par heure. Ce que nous observons déjà dans nos résultats, c’est qu’il existe des différences individuelles », explique Kobe Vermeire, chercheur postdoctoral à l’UGent et entraîneur chez Lotto-Intermarché.

Lors du test à vélo, qui dure environ trois heures, le coureur boit une boisson riche en glucides, correspondant à un apport d’environ 140 grammes par heure. Des isotopes spécifiques y sont ajoutés : des variantes d’atomes de carbone qui servent de marqueurs. Les chercheurs peuvent ainsi déterminer quelle quantité des glucides ingérés est réellement utilisée par l’organisme. « Pendant l’effort, le coureur consomme les glucides, et les isotopes se retrouvent également dans son organisme. Nous recueillons ensuite l’air expiré, dans lequel ces isotopes sont présents. En fonction de leur quantité et de la vitesse à laquelle ils sont expirés, nous pouvons calculer quelle proportion des glucides ingérés est effectivement utilisée par le coureur », explique le professeur de physiologie de l’exercice et de nutrition sportive Jan Boone.

Jan Boone est affilié à l’Université de Gand, qui collabore depuis trois ans avec Lotto-Intermarché en tant que partenaire à part entière de la cellule de performance. Cette collaboration repose sur trois piliers : fonder le fonctionnement de l’équipe sur les normes scientifiques les plus élevées, évaluer de manière critique la valeur réelle des nouvelles connaissances issues du peloton et développer des méthodes innovantes pour améliorer les performances des coureurs.

Trouver le bon équilibre

Lorsque les réserves de glucides disponibles s’épuisent, l’organisme doit davantage recourir à la combustion des graisses. Cela peut entraîner une baisse des performances. « Si nous parvenons à augmenter la quantité de glucides qu’un coureur peut absorber et utiliser, il pourra maintenir son niveau de performance plus longtemps, y compris pendant la dernière heure d’une course », explique Boone. « Dans les courses par étapes, cela pourrait également avoir un effet sur la récupération en vue du lendemain. »

Cependant, une plus grande quantité ne signifie pas automatiquement de meilleurs résultats. « Il est important de mesurer individuellement la quantité qu’un coureur est capable de tolérer. Si un coureur consomme plus de glucides qu’il ne peut effectivement en traiter, cela peut provoquer des troubles gastro-intestinaux. Nous voulons donc adapter la stratégie nutritionnelle aux capacités de chaque coureur », souligne Vermeire.

De la recherche à la course

Les résultats des tests en laboratoire sont donc examinés en détail avec l’équipe nutritionnelle. Les coureurs capables d’utiliser efficacement de plus grandes quantités de glucides peuvent augmenter progressivement leur apport pendant les entraînements, puis appliquer cette stratégie en compétition. Pour d’autres, les recherches peuvent au contraire indiquer qu’un apport plus faible est préférable.

Les chercheurs étudient également les causes possibles des différences entre les coureurs. Ils s’intéressent notamment au rôle du microbiome intestinal, c’est-à-dire l’ensemble des micro-organismes présents dans le système gastro-intestinal. Ces recherches en sont encore à une phase exploratoire, mais elles pourraient apporter de nouvelles connaissances à terme.

Pour Vermeire, cette interaction entre la science et la pratique constitue précisément l’un des grands atouts de la collaboration. « Nous pouvons transférer directement les résultats de la recherche à l’équipe, mais le processus fonctionne aussi dans l’autre sens. L’équipe soulève des questions auxquelles nous essayons de répondre grâce aux moyens de l’université. Nous pouvons ainsi traduire les connaissances scientifiques les plus récentes en applications concrètes au quotidien. »

De petites différences, un impact majeur

Le test en laboratoire s’inscrit dans la recherche plus large menée par Lotto-Intermarché pour améliorer les performances de ses coureurs. Une base solide en matière d’entraînement et de nutrition reste essentielle. La recherche scientifique doit s’appuyer sur ces fondations et mettre en évidence de nouvelles possibilités.

« Les fondamentaux doivent d’abord être au plus haut niveau. Ce que nous faisons ici, c’est rechercher des gains supplémentaires pour améliorer les performances. Si nous pouvons intégrer ces innovations dans un fonctionnement où les bases sont déjà solides, elles peuvent avoir un impact important », conclut Boone.

 

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